Dans la catégorie "Musiques du Monde", j'ai choisi comme pays, en premier, l'Algérie.... va savoir
pourquoi...
il s'agit de la chanson "Ya Rayah" du genre chaâbi algérien reprise dans le monde entier sur l'exil, une de mes chansons préférées sur un rythme arabo andalou.
Cette chanson a été écrite par Dahmane EL Harrachi , elle parle de l'immigration et de la difficulté de vivre loin de son pays. Elle est écrite "pour ceux qui construisent des maisons qu'ils
n'habiteront jamais et des autoroutes sur lesquelles ils ne conduiront jamais".
Le Chaâbi est né dans la casbah, et mêle instruments orientaux du classique arabo-andalou à d’autres venus d’Occident. Le chaâbi naît au
début du XXe siècle au coeur de la casbah, à Alger. Chaâbi veut dire « populaire » en arabe.
Après la vague d’immigration des Maghrébins, venus en France pour trouver du travail, le chaâbi gagne Paris
via Marseille. Il se chante et se joue dans les bistrots des banlieues industrielles. Le chaâbi s’adresse en priorité aux Algériens loin de chez eux. Dahmane El Harrachi chante l’exil intérieur
et l’exil extérieur, les difficultés de la vie quotidienne loin de la mère patrie, les tourments de l’amour, la nostalgie du bled.
El Harrachi, qui a quitté Alger pour s’installer en France en 1949 et meurt en 1980. Le chaâbi, sans
disparaître tout à fait, marque le pas. Dans les cafés de la ceinture parisienne, il résiste cependant et les amateurs prennent l’habitude de se retrouver le samedi soir à
Montreuil.
L’explosion du raï lui porte ombrage, mais depuis quelques années, de jeunes gens reprennent le
flambeau. Le chaâbi mêle les instruments orientaux du classique arabo-andalou à d’autres
venus du classique occidental. On y trouve le derbouk (percussions) et le tambourin, mais aussi le mandole (sorte de grosse mandoline aux sonorités de guitare, munie de quatre cordes doubles en
métal), le violon et bizarrement le banjo, sans oublier le piano. Les joueurs de chaâbi utilisent toujours leur violon à la verticale comme ils maniaient, jadis, le gimbri qui n’a plus court.
Quant au mandole, il a remplacé l’oud, le luth moyen-oriental. Il n’est pas rare d’entendre aussi le piano à bretelles. En revanche, aucun instrument électrique n’est admis, hormis parfois le
clavier (pour les quarts de ton), à l’inverse du raï, né à Oran.
Les chants du chaâbi se nourrissent de poésie ancienne mais aussi de textes originaux fiévreusement
actuels.
Ya rahyah (Le voyageur)
Ô toi qui t'en vas, où pars-tu ? Tu finiras par revenir
Combien de gens peu avisés l'ont regretté avant toi et moi
Combien de pays surpleuplés et de régions désertes as-tu vu ?
Combien de temps as-tu gaspillé ? Combien vas-tu en perdre encore et que laisseras-tu ?
Ô toi l'émigré, tu ne cesses de courir dans le pays des autres
Le destin et le temps suivent leur course mais toi tu l'ignores
Pourquoi ton coeur est-il si triste ? Pourquoi restes-tu planté là comme un malheureux ?
Les difficultés ne durent pas, et toi tu ne construiras, ni n'apprendras rien de plus, ainsi
Les jours ne durent pas, tout comme ta jeunesse et la mienne
Ô le malheureux dont la chance est passée, comme la mienne
Ô toi qui voyage, je te donne un conseil à suivre tantôt
Vois ce qui te convient avant de vendre ou d'acheter
Ô toi l'endormi, des nouvelles de toi me sont parvenues, il t'est arrivé ce qui m'est arrivé
Ainsi reviens le coeur à son créateur le Très Haut
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